Sans les tabous,
pour soigner les traumatismes.

Les traumatismes, c'est quoi en terme "d'informations dans le cerveau" ?

Les schémas suivant peuvent paraître " enfantins " mais ils sont là pour expliquer simplement, efficacement. Les exemples peuvent également paraître dur, mais il ne s'agit pas d'utiliser des émotions. Il s'agit d'expliquer le traitement de l'information que fait notre cerveau. Si l'exemple est trop dur, ne vous imaginez pas dans la situation, mais imaginez une tiers personne, car il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas les premiers à souffrir de tel ou tel événement aux vues des milliards d'individus qui nous ont précédés dans l'histoire de l'humanité.

 

Phase 1 : tout est "nomal".

Les morceaux du puzzle symbolisent notre cerveau et les valeurs que nous avons chacun en nous, chacun à des tailles différentes car chacun ne donne pas la même importances à ces valeurs. Les mots tels que "maison", "parents", etc. sont des exemples, et en aucun cas le cerveau ne se limite à aux valeurs de cet exemple schématisé.

 


Phase 2 : un évènement "nous tombe dessus".

Arrive un événement.

Exemple : mort d'un parent.
L'espace vide, c'est ce manque quotidien, qui va annoncer une perte de repère.

Egalement, le puzzle est moins solide à cause de la pièce incomplète.

Si la philosophie de vie (le système d'exploitation des données) ne nous permet pas de combler ce vide en comprenant pourquoi il existe (la place de la normalité, etc), et comment le combler sans "tricher",
il y a création d'un traumatisme.


Phase 3 : notre cerveau ne comprend plus la logique des causes et des effets.

Notre cerveau n'aimant pas le vide (l'illogisme), si le manque causé par la mort n'est pas bien géré, si nous n'avons pas reçu une éducation ou n'avons pas une philosophie de vie permettant de comprendre que la mort, même soudaine, n'est pas "injuste", alors le traumatisme naît, et modifie notre comportement ainsi que l'importance d'autres valeurs. Et tout ne s'emboîte plus "logiquement".
Ce qui nous paraît injustice, c'est notre souffrance : "nous ne méritions pas ça".

Une mort, même lorsqu'elle touche un enfant "innocent", est "logique" parce qu'un accident, ça détruit l'humain fragile. C'est une réalité. La souffrance, qui elle aussi est logique, se gère en l'exprimant, en comprenant ce qui est arrivé, en réalisant que tout être vivant va mourir un jour et que ce jour ne dépend pas de sa volonté (sauf suicide). Inutile d'être déprimé par cette réalité. Au contraire, cette valeur d'instants fragiles peut donner une force unique à chaque seconde qui passe et à mieux profiter de la vie, intelligemment, sans paniquer, en respirant "profondément".

 

Phase 4 : phase de soins.

Pour réparer le traumatisme, chaque valeur importante (les principales) doit être isolée et définie précisément afin de ne pas se leurrer sur l'importance (trop grande ou trop petite) que l'on place dans cette valeur.

Se demander : qu'est-ce que la nourriture ?
Qu'est-ce que "ma normalité" dans le sexe ?
Les parents sont-ils si différents de nous ? En quoi sont-ils différents ? En quoi ressemblant ? Etc...

Comparer différents points de vue et se demander ce qui est "réel".

Ensuite on retissera les liens entre ces valeurs.

Dans l'exemple précédent lié à la torture que représente la mort d'un enfant, lorsque les parents ont centralisés leur vie sur leur enfant, projetant sur lui tous leurs désirs d'éternité, de réussite, la mort de ce dernier équivaut à un anéantissement total de LEUR existence. Or il ne faut pas oublier que même "la chair de sa chair" est un individu unique, un individu qui a sa propre naissance, sa propre vie ou parcours, sa propre mort. Etre parent ce n'est pas "être dieu". Il ne s'agit surtout pas de dénier la souffrance parentale et de la noyer dans une "logique froide" ! NON ! Mais cette souffrance, il faut l'exprimer. Voir que si on a vécu pour et uniquement pour quelqu'un, (en oubliant sa propre vie) et bien lorsque cette personne disparaît, on "disparaît" également. La valeur que l'on a donné a l'être disparu était peut-être "trop importante", si on était en adoration, ou "pas assez importante" si on acceptait pas l'indépendance de cette vie par rapport à nous.
La difficulté pour réparer, c'est de devoir passer par un stade de remise en question des valeurs que l'on a. Remise en question d'autant plus difficile qu'elle transforme à un traumatisme, car tout doit être pris isolément, et le puzzle doit est défait.

Il ne faut pas alors perdre de vue que si on défait le puzzle, c'est pour mieux le remettre en place.

Attention, défaire un puzzle doit se faire dans de bonnes conditions (car les sectes aiment bien profiter de la faiblesse des autres). Il est donc conseillé de défaire son puzzle en prenant son temps (aucune urgence de fin du monde), en ayant suffisamment mangé (car le cerveau, pour bien comprendre, a besoin d'énergie), et également, en ayant dormi suffisamment (ça aide à ne pas devenir paranoïaque et à savoir où est la réalité).
Ne pas raisonner en vase clos (avec des personnes qui pensent comme vous), permet de voir ce qu'on ne voyait peut-être pas. Mettre à plat et noir sur blanc tous les points de vue possibles face à "l'évènement" permet également d'éviter les erreurs.

Il ne faut pas accepter les "vérités toutes faites". Si une approche vous gène, il faut en parler, créer un argumentaire et non se faire manipuler par ses émotions (les peurs ou l'amour).

 

Phase 5 :
le cerveau a pu remettre chaque chose à sa place, sans se mentir.

Lorsque chaque valeur qui "nous fait nous et pas un voisin", n'engendre plus de souffrance, c'est l'expression d'une harmonie retrouvée. Chaque chose est revenue, non pas à sa place d'origine avant l'événement traumatisant, mais à sa place réelle du moment, une place qui fait qu'on ne fuit pas "une valeur instable" chargée de souffrances. Valeurs modifiées mais bien présentes.

 

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Vu que le traumatisme est une "information qui n'a pas la bonne place", il faut bien comprendre que cette information mal comprise peut prendre une forme rapide (choc par perte de repères, violence physique ou morale), mais aussi prendre une forme très lente : c'est le cas lorsque la personnalité trop forte d'un parent, écrase celle de l'enfant. Ce dernier n'arrive pas à trouver sa place, et l'information "j'existe" est totalement déformée. C'est un traumatisme. Une phrase a été interprétée comme "une menace", puis une autre phrase est venue s'ajouter, confirmant la première impression, puis une autre, etc... Le problème à résoudre est alors de chercher cette "première phrase" dans les souvenirs, afin de l'isoler et de remettre en cause les valeurs qu'on a mis sur cette information.

Lorsqu'il s'agit non pas d'une mort, mais d'un traumatisme sexuel (exemple, un viol), beaucoup de paramètres sont modifiés si la victime ne peut pas communiquer facilement et ainsi avoir la possibilité de remettre les éléments présents à leur bonne place.

Voici quelques éléments à connaître.